Traitement par Wegovy (sémaglutide) dans l’obésité
Par :
Dr Dominique Durrer
Le Wegowy est un agoniste des récepteurs GLP-1 (Glucagon Like Peptide-1) indiqué dans le traitement de l’obésité. Il reproduit l’action du GLP-1 endogène, une hormone intestinale (incrétine) secrétée par l’intestin en réponse à l’ingestion d’aliments.
Ce traitement ne peut être prescrit que par des médecins qui se trouvent sur une liste de référence de l’OFSP et qui sont considérés comme experts de l’obésité ainsi que par les endocrinologues et seulement dans le cadre d’une prise en charge multidisciplinaire.
Remboursement du Wegowy : pour obtenir le remboursement de l’assurance, le patient doit être suivi par un médecin accrédité, mais aussi par un diététicien(ne) ainsi que par des spécialistes de l’activité adaptée (APA) ou physio formés pour la prise en charge de l’obésité et éventuellement par un(e) psychologue ou psychiatre si nécessaire. Les patients doivent présenter un IMC plus grand que 35kg/m2 ou alors un IMC plus grand que 30 associé à un ou plusieurs facteurs de risque : l’hypertension artérielle, la dyslipidémie, un pré-diabète ou un diabète de type 2.
Aucun traitement ne sera être remboursé s’il est prescrit par un médecin non agréé ou par un médecin sans équipe multidisciplinaire.
Posologie :
Le Wegovy s’administre par injection sous-cutanée, une fois par semaine, dans l’abdomen, les cuisses ou les bras indépendamment des repas. La première dose est de 0,25mg. On augmentera progressivement les doses en fonction de l’efficacité du traitement et des effets secondaires chez un patient donné, tous les mois, passant de 0,25 à 0,5 puis 1mg puis 1,7 et enfin 2,4mg si cela est nécessaire.
Pour beaucoup de patients, 1,7mg sera suffisant.
Le traitement de Wegowy dans le cadre d’une prise en charge multidisciplinaire engendre une perte de poids progressive d’environ 15 à 20% du poids initial.
Il est à noter qu’un petit nombre de patients restent résistants à ce traitement.
On peut aussi noter après 6 à 12 mois ou même un peu plus tard, l’apparition d’une tolérance au traitement chez également un petit nombre de patients.
Mode d’action :
- En ralentissant le bol alimentaire, la sensation de satiété vient beaucoup plus rapidement et le patient, souvent, arrête de manger avant la fin de l’assiette.
- Effets sur la satiété et la prise alimentaire au niveau de l’hypothalamus. L’activation des récepteurs GLP-1 au niveau hypothalamique (centre de la régulation de l’appétit et de la faim et de la satiété), accroît la satiété et freine la prise alimentaire.
- Effet sur le centre de la récompense. Les GLP-1 peuvent atténuer la sensation de « récompense ou de plaisir » que l’on associe à la consommation alimentaire, particulièrement des aliments hypercaloriques ou d’autres substances, accompagnant une alimentation émotionnelle lors d’émotions négatives. C’est ainsi qu’ils contribuent à la réduction importante de la prise alimentaire ou du comportement addictif.
Effets secondaires :
les plus fréquents sont d’ordre intestinal ; nausées, vomissements, constipation, particulièrement au début du traitement, parfois diarrhée. Ces effets tendent à diminuer avec le temps et peuvent être limités en augmentant la dose de façon progressive. On peut voir parfois aussi un reflux gastro-oesophagien, des vertiges, des céphalées et des palpitations et dans de rares cas (1/1000) l’apparition d’une pancréatite.
Interactions :
Certains analgésiques comme les AINS (Ibuprofène) peuvent réduire l’efficacité du Wegovy. Il est à noter que le Wegovy ralentit la vidange gastrique et peut ainsi modifier, généralement retarder l’absorption de certains médicaments administrés par voie orale comme, notamment, la Warfarine, la Phénytoïne ou la Lévothyroxine.
Contre-indications :
Allergie au médicament, grossesse, allaitement, antécédents personnels ou familiaux de cancer de la thyroïde, syndrome de néoplasie endocrinienne multiple de type 2 (NEM 2), antécédents de pancréatite, désir de grossesse (STOP Wegovy 2 mois avant), gastroparésie diabétique, insuffisance hépatique même légère, maladie inflammatoire de l’intestin, dépression sévère, idées suicidaires, pas d’association avec d’autres agonistes du GLP-1.